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Mardi 28 juillet 2009
 

                      Si vous êtes à Manali et que vous cherchez à vous occuper, ne soyez pas tentés par les vitrines des échoppes qui proposent des treks, du ski ou de l'escalade. Pas la peine. Trop cher. Prenez votre tente, de quoi se nourrir pendant 2 à 3 jours et des vêtements chauds. Vers 7 h 45 du matin, montez dans le bus pour Solang. Si vous vous êtes levés trop tard, si la promiscuité vous gêne, si il n'y a plus de place dans le bus, vous pouvez même prendre un rickshaw.


                    A partir de l'arrêt de bus à Solang, marchez vers la vallée de Solang. Sur la route. Oui, oui. Une fois arrivés au chantier, prenez à gauche, et débrouillez vous pour traverser la rivière, en direction d'une zone de campement. Après cela, vous serez seuls. Marchez jusqu'au lac de Beaskund, et campez là bas. Ou bien, arrêtez vous avant. Perdez vous. Et redescendez, 1 ou 2 jours plus tard. Gratuit...

 

Par Thibaud
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Mardi 28 juillet 2009
           Shimla, c'est un peu comme une « côte d'Azur indienne ». Sans les constructions bétonnées. Une « promenade des anglais du sous-continent », ou les anglais ont été remplacés par des jeunes couples indiens, en lune de miel. Lorsque l'Inde était sous domination anglaise, et lorsque Dehli devenait trop chaud, ou trop bruyant, ou trop pollué, les anglais partaient se reposer à Shimla. En train. Là, ils construisaient des maisons à colombages, des villas victoriennes, des cottages et une église.

            60 ans plus tard, Shimla n'a changée qu'en apparence. Les administrateurs anglais ont été remplacés par de jeunes couples en voyage de noce, l'église est entourée d'un marché et les cottages sont toujours là. Parfois transformés en logements collectifs, et rafistolés « à l'indienne », parfois habités par quelques familles de riches indiens (dans ce cas, les statues et autres blasons ont été effacés), ou quelquefois laissés à l'abandon. Le reste n'a pas changé : le froid, le soleil, la vue vers l'Himalaya et les singes. L'essentiel, en fait...


Par Thibaud
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Samedi 4 juillet 2009

       J’étais à Dehli lorsque, par internet, 2 français m’ont propose de les rejoindre à Leh, dans le Ladakh, pour un trek. Un des français arriverait là haut le 6, et l’autre le 11 juin. Cela me donnait entre 4 et 9 jours pour les rejoindre. Après un rapide coup d’peil sur la carte, j’ai decide de me rendre à Leh par la voie terrestre.”En 4 jours, ça doit être possible”. Grave erreur…                                                    
     Il a d’abord fallu se rendre à Dehra Dun. En train. 260 km de Dehli, 13 heures de train. Normal. La prochaine étape : Shimla. Et c’est là que ça c’est compliqué. Le guide de voyage, datant de 2005, indiquait “3 bus par jour : 6 heures, 8 heures et 10 heures”.

            A 7 heures, j’étais à la gare routière. Le bus de 8 heures ? Il n’y en avait pas. A 10 heures ? Non plus. “Il arrivera avers 10 h 30”

            A 10 h 15, le bus arrive. A 10 h 17, il n’y avait plus de place. Le contrôleur du bus, ne parlant qu’Hindhi, et ne se montrant que peu cooperative et désireux de m’aider, m’a dit, en substance, que je n’avais qu’à attendre le bus de minuit.

            Devant de telles situations, il y a 3 solutions :

-On sort les billets. Dans ces cas-là, l’argent applanit beaucoup de difficultés. En clair : dépenser 3000 roupies (45 euros) pour faire le trajet en taxi.

-On se résigne. “Ok, j’attendrai”

-On part quand-même, par tous les moyens. C’est ce que Nico, Alice et moi avons fait à Bangalore, en montant dans le wagon à marchandises du train (avec une quarantaine d’autres indiens) pour rejoindre Chennai. 5 heures.

 

            J’ai choisi la dernière solution : un grand-père m’a dit “monte sur le toit, s’il n’y a pas de place”. Je suis donc monté, à l’aide d’une échelle en metal, sur le toit du bus. En fait, une sorte de treillis métallique, avec sur chaque côté, un petit parapet de 20 cm a été rajouté. Un peu l’équivalent des “barres de toit” des monospaces, servant à fixer un coffre de toit. Sauf que là, c’était plus artisanal. Et, qu’en guise de “coffre de toit” aérodynamique en résine, il y avait 8 chaises de jardin en platique empilées et attachés avec un corde, un couvercle de tonneau en plastique attaché avec de la ficelle, une roue de secours du bus et moi. Et mon sac. J’étais donc parti pour 8 heures de bus assis sur des barres de toit.

 

            Juste avant le depart, le contrôleur est monté par l’échelle : “198 roupees, sir”. Le prix normal d’un billet. Un peu interloqué, je lui ai donné, et il m’a tendu un billet qu’il m’a composté. Fabuleux…

 

            Que dire de mes 8 heures de barres de toit ? Heu… En fait, il y a eu de nombreuses phases…

             Le depart, vers 11 heures, a été grandiose : le bus roulait lentement, en ville, sur un terrain plat. Je pouvais donc m’asseoir sur mon sac tranquilement. A partir de 12 heures, ma situation est devenue plus inconfortable. Le soleil est devenu brûlant, ainsi que toutes les parties métalliques du bus, peintes en noir. De plus, le bus traversait maintenant des plaines, à grande vitesse. Rester assis sur mon sac ? Impossible, le bus roulait trop vite. Me coucher sur le metal ? Impossible : brûlant et trop inconfortable. Chaque cahot du bus se répercutait sur mes côtes, mes genoux,… Me faire une couche plus confortable, avec mon sac de couchage ou des vêtements ? Impossible. A la moindre tentative, à la première ouverture de sac, tout s’envolerait.
      

            Garder mon visage en face de la route ? Pas facile. Mes yeux pleuraient en permanence. Trop de vent. Tourner le dos à la route ? Plus confortable, mais il y avait un inconvenient majeur : si je ne restais pas accroupi ou couché, je ne pouvais pas esquiver les branches d’arbre qui me fouettaient le visage.
 

            La solution que j’ai trouvé : me server des chaises en plastique (ou, plus tard, d’un tonneau en résine pour m’abriter du vent, et changer régulièrement de position : en chien de fusil, assis avec une jambe repliée,…  En prenant garde à ne pas exposer ma peau au metal.
 

            J’en suis venu à trouver ma position assez…enviable. Vue panoramique sur le paysage, odeur de pins, bruit du vent qui me soufflait aux oreilles,… Certains villageois, étonnés de voir un occidental sur le toit d’un bus, me faisaient de grands signes.
 

            Les traverses de village me faisaient assez peur : je trouvais que les cables éléctriques étaient installés très bas. Trop près de ma tête, en tout cas. Je me baissait donc à chaque fois au maximum, quitte à rester couché, pour ne pas me prendre un coup de 220 volts. Ou ne pas me faire toucher par les serviettes et autres chiffons qui pendaient parfois à ces memes cables.
                                                          

            Parfois, aussi, les traverses de villages recelaient de varies surprises : lors d’un embouteillage, le bus a dû ralentir devant un mariage. A ce moment, les invites de la cérèmonie ont tendu aux passagers du bus des verres d’eau fraîche avec du sirop. Autant dire que j’en ai profité.
      

            La meme scène s’est reproduite devant un couvent carmélite. Mais cette fois, c’est carrément une bouteille que j’ai eu.
 

            La situation, jusque là, somme toute, assez agreeable, s’est corsée à l’approche des montagnes. Lors des montées, je devais m’accrocher à la roué de secours ou aux lanières de mon sac. Pendant les descentes, je devais m’asseoir avec les pieds en opposition sur la rambarde en metal. A cette hauteur, au moins au depart, chaque virage me paraissait mener à la catastrophe, chaque descente me semblait vertigineuse.

            Finalement, je me suis graduellement fait à tout ça. Et j’ai meme réussi à m’endormir...

           

 

           

Par Thibaud
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Jeudi 4 juin 2009


         C’est l’histoire de 4 italiennes, dont une fausse rousse parachutiste et une conservatrice de musee genre “je suis rital et je le reste”, d’un français, de 4 porteurs et de deux guides qui sont parties de Gangotri pour aller jusqu’a Gomoukh  (les sources du Gange) et, ensuite, au sommet du Topovan (4500, je crois).

          

         Vers 3800 metres, 2 italiennes ne se sentent pas bien. On continue donc, à 5, vers le sommet. Vers 4000 mètres, alors que nous croisons des pélerins en tongs ou pieds nus, notre guide, après une petite siste, declare qu’il est trop dangereux de continuer.

           

            En dehors de ça…trek magnifique. Des sommets enneigés partout, des falaises de plusieurs centaines de mètre autour de nous,…

           

             Ce trek n’était pas physiquement difficile, ni dangereux ou engagé. Mais, quand même… Sur des chemins minuscules, avec, d’un côté, un falaise abrupte et, de l’autre, un a-pic vers le Gange bouillonant, il ne fallait pas trop faire le malin…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Thibaud
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Lundi 1 juin 2009

Les “guides”, à Rishikesh, sont scandaleux. Honteux. En tout cas, le premier guide que j’ai pris. Et le deuxième. Et le troisième. Et plusieurs autres guides avec qui j’ai discuté à Gangotri. En fait, je soupconne la très grande majorité des guides de treks indiens d’être des blaireaux. Des corniauds.



            Le premier guide, pour mon premier trek a donné le ton : entre le premier jour (“tu ne veux pas t’arrêter et te reposer ? Vraiment pas ? Certain ? Parce que moi, je suis fatigué et j’ai mal aux pieds”), le deuxième jour (‘Heu… J’ai la diarrhée…”) et le troisième jour (“j’ai froid et j’ai mal aux pieds”), ce n’a été qu’une longue suite de plaintes. Pourtant, il n’était pas gene par son sac : gros comme un gros sac à main, son sac en bandoulière contenait juste une paire de tongs, une paire de chaussettes et une veste de moto. Bonnet, gants ? “Ah … J’ai oublié !”. Biscuits, eau ? Dans mon sac. Trousse de secours ? “Pourquoi faire ?”

           

      Ces plaintes, seules, auraient pu être très supportables. Mais il n’y avait pas que ça ! La phrase fatidique est tombée le deuxième jour : “euh… Je crois qu’on est perdu… Tu comprends, j’ai fait ce trek une cinquantaine de fois, mais la vegetation a tellemet change…” 45 bonnes minutes pour retrouver notre chemin. Les habitants locaux n’étaient d’aucune aide ; “ils parlent un dialecte different du mien. Je ne les comprend pas”. Bref : ce “guide” ne servait à rien.

 

            Si encore les deuxièmes et troisièmes guides auraient pu se contenter d’être inutiles ! Non seulement ils n’étaient d’aucune utilité, mais ils étaient aussi de vrais boulets !

  

         Enfin, le pire, c’etait quand même Asis, le troisième “guide”. Il faisait partie de ses personnes dont, sans même qu’elles ouvrent la bouche, on peut voir qu’elles ne suintent pas l’intelligence par toutes les pores de leur peau. Un regard vide. Pas vitreux, non, mais un peu comme un regard de bovin.

J’ai commençé à me méfier d’eux avant le départ :

“-Mais…Attendez… On va dormir où à 3800 et 4500 mètres ?”

“-Dans des tentes”

-“Mais…C’est quoi, comme tentes ?”

-“Des tentes modernes de montagne”

-“Quelles marques ? Quels modèles ? MSR ? North Face ?”

-“Heu… Ne vous inquiétez pas : il y a beaucoup de modèles differents. Pas d’inquiètude”

On s’est donc retrouvés avec une tente igloo genre “Carrefour”, deux tentes style “vieilles tentes scout” de presque 10 kg chacune. La seule tente de montagne était pour moi. La seule tente trouée et dont la porte ne fermait pas, pour cause de fermeture à glissière cassée.

Le “duvet de montagne” que l’on m’avait promis ne valait pas mieux. Autant dire que je me suis pelé le minou.


            J’avais dans l’esprit que, “normalement”, un guide veille à ce que ni lui ni ses clients ne soient trop chargés. Faux. Les porteurs ont dû se coltiner des kilos de matériel inutile : outre des tentes trop lourdes, les guides avaient aussi pris (pour eux) une bouteille de whisky d’un litre, en verre, un jerrican entier de gazole alors que le tiers aurait suffi, assez de nourriture pour tenir 15 jours (1 kg de confiture pour 5, biscuits apéritifs, un sac poubelle de 30 litres plein de farine,…). Ils n’ont vraiment pas aidé les coolies. Et quand, le dernier jour, après avoir plié ma tente, j’ai voulu la mettre dans mon sac, la réaction des guides a été instantannée : d’abord hilares, ils croyaient que je plaisantais. Quand ils ont vu que j’étais serieux, ils sont entrés dans une colère folle : “nan, mais toi, tu ne sais pas comment ça marche, içi. Ce n’est pas à toi de porter ça. Tu comprends ? Laisse moi faire ou je vais m’énerver!”. Comme si, par ce simple geste, j’avais voulu bousculer l’ordre social établi. “Un porteur, c’est fait pour être houspillé. On ne lui parle pas, on lui aboie dessus”


        Je croyais aussi que “normalement”, un guide aidait ses clients. Faux. Nos deux “guides” avaient des sacs minuscules, alors que les quatre autres clientes italiennes portaient des charges beaucoup plus importantes (des sacs remplis de crèmes au Q10+, de gel douche, de déodorant et d’onguent de soin dermique à base de testicule de castor et d’huile de jojoba intense, mais ça, c’est une autre histoire).


        Jamais il ne serait venu à l’idée de ces rustres d’échanger leurs sacs. Nan. Les mâles caracolaient devant, suivi du troupeau de femelles soumises (et italiennes), puis venaient les porteurs. Là encore, quand j’ai voulu “renverser” cet ordre…social en portant mes affaires, plus 5 litres d’eau du groupe, plus une polaire et un sac de couchage d’une signorita

, j’ai eu droit à des protestations de la part des deux guides-tocards.

Je pensais aussi que, “normalement”, les guides étaient compétents. Là encore, erreur. Pour monter les tentes, par exemple : bien que ce ne soit pas du tout compliqué, ils les montaient n’importe comment. Mes conseils, admonestations puis mes moqueries ne changeaient rien : “We know how to do it ! let us do it !”. Résultat : j’ai dû attendre que les guides soient occupés ailleurs, puis j’ai entièrement démonté ma tente pour la remonter correctement.


        Le deuxième matin, en me réveillant, j’ai vu le moins malin des guides qui déchirait des serviettes en papier, en faisait de petites boules, et se les enfonçait dans le conduit auditif.

-“Mais…Pourquoi tu fais ça ?”

-“Tu devrais faire pareil. Chest à cauche du froid : sit u fais pas cha, le froid entre dans tes Oreilles, et te gèle la cervelle.”

Que répondre à une telle affirmation tout en restant poli ?

Je pensais aussi, naïvement, quún guide connaissait assez bien les montagnes. Au moins celles avec lesquelles il exerce son activité. Faux, encore. Au campement, jóbservais des sommets enneigés quand Asis, le guide-tocard qui ne rayonnait pas líntelligence, est venu me parler :

-“Ch’est des très hautes montagnes, hein ?”

 -“Oui…Elles sont à quelle altitude ? Comment s’appelent elles ?”

-“Oh, cha, je chai pas. Mais celle-là est à 9000 m d’altitide”

-“9000 m ? Impossible !”

A ce moment, son copain guide-tocard est venu l’aider : “Si, si, 9000 m. Même que l’Everest est à 10500 m d’altitude”

Outré par tant dígnorance de la part d’un guide, agacé par son refus de reconnaître la vérité (“le sommet de lÉverest culmine à 8847 m !”), jái fait un pari avec lui : tout mon matos de trek + mon appareil photo contre sa moto (une Royal Enfield Bullet 350cc). Quand, quelques jours après, il a vu que j’avais raison, il a rechigné à honorer notre pari : “tu comprends, cést mon seul moyen de locomotion… Garde-là 2 jours, pas plus, s’il te plait”.


       Enfin, je pensais que les guides étaient, en règle générale, plus performant que leursclients. Faux, encore. Combien de fois a-t-il fallu attendre un des guides qui était fatigue ? Le pire était vers Goumoukh : nous étions 3, à 4100 m, à attendre un guide qui ne venait pas, alors qu’on l’avait vu 15 minutes plus tôt en train de marcher derrière nous. Au bout de 10 min, je suis redescendu le chercher. Je lái trouvé allongé sur une Pierre plate, en plein soleil, en train de dormir. Oh, fureur ! Oh, la colère qui sést emparée de moi quand je lái secoué et sifflé !

-“Dis, mon gros, on est en train de se geler là-haut en t'attendant, alors si tu veux faire une sieste, c’est au campement, d’accord ?”

-“Mais che dormais pas, che contemplais le paysage!”

           
             En rentrant à Dehli, mon premier geste a été de m’acheter une tente et un sac de couchage. Pour être moins dependant de gens de la sorte.

Par Thibaud
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